Quand on lit les commentaires de Daniel à propos de la fabuleuse capacité d'Arinouchkine de rendre la neige, on peut se demander s'il ne s'agit pas là d'une formule lyrique trouvée par l'éditeur pour sa communication. On va donc fournir la preuve que Daniel n'est pas seulement un beau parleur, eheh ;P
Pour témoigner du talent d'Andreï, une vidéo a été tournée, le filmant tout au long de la réalisation d'une case très... enneigée. La vidéo sera disponible dans quelques jours sur ce blog.
Dans l'attente, nous avons obtenu d'Andreï quelques uns de ses "secrets de fabrication".

Il utilise des aquarelles américaines Dr Ph. Martin's: les couleurs ne se mélangent pas et ça donne des "effets spéciaux" et quand c'est sec, la couleur ne déteint jamais.
C'est un éditeur américain qui a fait découvrir à Andreï cette marque, lors de leur rencontre en Russie pour un projet BD qui n'a ensuite pas vu le jour. Andreï peut parler pendant une heure à qui veut l'entendre des qualités de ces aquarelles, il en est dingue! 
D'autres instruments pour lui indispensables sont la gomme, la lame de rasoir et la "dunka". Il utilise les deux premières pour creuser la feuille, à la recherche de petites touches pour rendre la lumière, et la petite "dunka" en peluche pour nettoyer délicatement le papier.
Andreï est un perfectionniste à la limite du maniaque. Il est capable de réaliser jusqu'à 10 pages d'essais pour une seule case... d'où le fait que la naissance d'"Ewen" ait pris 3 ans...
Le tournage de la vidéo que vous verrez a pris plusieurs heures, puisque l'auteur a effacé, refait, jeté un premier jet (qui nous paraissait très bien, à nous...). Cette recherche est indissociable pour lui de la véritable nature d'un artiste. Il s'en explique ainsi:
"Je ne dessine pas à partir de photos, je n'utilise pas internet... à Minsk, à l'école d'art, je pouvais passer jusqu'à 6 ou 8 heures par jour à peindre inlassablement des natures mortes, on peut dire qu'aujourd'hui j'ai la main. J'ai des images dans ma tête. Elles sont foisonnantes, grandioses, parfaites... très nettes, je sais exactement ce que je veux. Alors je m'efforce de les rendre sur le papier. C'est frustrant, parfois douloureux. Il est très rare que je n'en rende que le 20%, mais il est impossible aussi d'obtenir tout de suite le 100%. Disons une première tentative à 60-70%. Mais ça ne me suffit pas. Alors j'insiste, j'attaque la matière, je viole la feuille... et ça prend du temps!"
